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Robert Buchli nous parle du travail comme psychologue sportif.
Röbi Buchli, tu vas commencer ta troisième saison comme psychologue sportif au HC Bienne. Peux-tu te présenter? J’ai 32 ans, je suis marié et instituteur de formation, et j’ai effectué ensuite des études de psychologie et des sciences du sport et du mouvement à l’Uni / EPF de Zurich. Depuis 2007, je suis collaborateur dans l’entreprise Sport Psychologie Wetzel GmbH et quand je laisse la psychologie de côté pour un moment, je passe volontiers du temps dans la nature, et comme je suis un vrai Grison, je suis aussi chasseur, pêcheur et ramasseur de champignons!
Que fait un psychologue du sport au HC Bienne? En premier lieu, je suis un spécialiste de la force mentale. Je travaille avec le HC Bienne à quatre niveaux: j’ai des échanges réguliers avec le management, je soutiens les coaches, en cours de saison j’ai quelques exposés devant l’équipe entière, et enfin chaque joueur peut à son gré venir nous trouver à Berne pour un coaching individuel.
Quels sont les contenus qu’il t’arrive de traiter à ces divers niveaux d’intervention? Comme thème possible avec toute l’équipe, je dirais par exemple une manière de gérer en commun les objectifs, avec des buts individuels et orientés vers le collectif. Dans le coaching des entraîneurs, il est question notamment du style de direction et de conduite et de communication. Lors des consultations individuelles, il s’agit d’accompagner le joueur dans son cheminement personnel et de l’aider à être capable de mobiliser tout son potentiel quand il faudra le faire.
Pourquoi le HC Bienne a-t-il besoin d’un psychologue du sport? Le HC Bienne n’a pas besoin d’un psychologue, le HCB a besoin de force mentale. À l’instar d’un marchand de pneumatiques qui engage un mécanicien pour optimiser le rendement de ses pneus de prix, le HC Bienne, au début de l’ère Kevin Schläpfer, a accordé de l’importance à pouvoir avoir recours à un psychologue sportif dans son team élargi. Si l’on compare avec les Etats-Unis, où presque chaque équipe de collège (en soccer, hockey, basket) travaille avec un psychologue du sport, une telle mesure représente un pas supplémentaire vers une meilleure professionnalisation de l’encadrement d’une équipe pro.
Quels sont les points gagnés par le HC Bienne la saison dernière que l’on peut attribuer au travail mental? Ce sont les joueurs qui gagnent les points! En ce qui me concerne, je fournis une prestation et je fais tout mon possible dans mon travail, comme d’ailleurs on l’attend de chacun dans le HCB et dans le système qui environne l’équipe.
Comment se fait-il que l’on n’entende peu parler de toi et que l’on ne te voie que rarement à Bienne (à la bande)? C’est un bon signe si les gens de Bienne et de la région ne réalisent pas davantage que j’existe et ne me connaissent pas. L’an dernier, j’ai assisté à 17 rencontres de la saison, mais je ne suis pas directement impliqué dans toutes les démarches qui précèdent, accompagnent ou suivent les matches.
Les joueurs se trouvent actuellement dans une phase importante de préparation. Que fais-tu concrètement durant cet entraînement d’été? En collaboration avec les coaches, je planifie la saison à venir, et nous fixons ensemble les grandes lignes concernant le domaine mental. Récemment, j’ai rencontré le conseil des joueurs (6 joueurs qui portent une part accrue de responsabilité); dans ce cadre, il s’agit de collecter et de mettre en œuvre quelques idées venant des joueurs et susceptibles d’accroître la force de toute l’équipe. Moi aussi je suis en pleine préparation du camp d’entraînement qui aura lieu au début de septembre et nous permettra de poser des bases importantes pour le travail mental.
Dans un sport collectif, quels sont les facteurs les plus importants, du point de vue mental, qui concourent au succès d’une équipe? Savoir penser en termes de performance en toute situation, disposer d’une culture saine et ouverte de maîtrise des conflits et d’une bonne confiance en soi, former une équipe dont les membres sont disposés à se mettre en question et à engager leurs atouts pour le bien du collectif.
Qu’est ce qui amène un sportif à venir chez toi à la consultation individuelle? Un joueur vient me trouver s’il veut faire un travail personnel sur lui-même. Il veut réfléchir sur lui-même et a la conviction que la collaboration avec un psychologue du sport est un moyen judicieux pour lui de progresser dans sa maturité personnelle et sa force mentale.
Pourquoi, à ton avis, un nombre croissant de clubs devraient à l’avenir engager un psychologue du sport? Je suis persuadé qu’un psychologue du sport disposant d’une solide formation scientifique de base peut aider chaque organisation sportive désireuse de se développer. Dans un club professionnel, il faut, pour le domaine de la forme physique, un entraîneur de la condition, des physiothérapeutes et des masseurs pour la capacité de livrer les performances, et il en va de même pour ce qui est du mental. Les collaborations d’une certaine durée ont prouvé que dans le domaine mental précisément les progrès sont possibles si l’on travaille systématiquement et en suivant un plan précis.
Traduction D/F: Pierre-Alain Chopard
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